Catatumbo : Cet orage vénézuélien qui dure 6 mois par an

L’orage de Catatumbo risque de faire pâlir ceux atteints de brontophobie. Il dure 8 heures par nuit, à raison de 140 à 160 fois par an et c’est en...
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L’orage de Catatumbo risque de faire pâlir ceux atteints de brontophobie. Il dure 8 heures par nuit, à raison de 140 à 160 fois par an et c’est en moyenne 28 coups de foudre à la minute qui se forment au niveau du lac Maracaïbo. Ces éclairs se produisent à une très grande altitude dans les nuages sans rentrer en contact avec le sol. Ils sont environ cinq fois plus puissants que des éclairs classiques. L’intensité de leur courant électrique est comprise entre 100 000 et 300 000 ampères. À titre d’information, un éclair classique d’un nuage vers le sol possède une intensité comprise entre 10 000 et 50 000 ampères.

Comme tout phénomène aussi extraordinaire, celui-ci possède sa propre légende. On raconte qu’en 1595, le navigateur et féroce corsaire anglais Francis Drake (1540-1596) attaqua le port de Maracaïbo au Venezuela. Cet assaut aurait pu être un succès si la lumière des éclairs n’avait pas révélé leur présence. Les autorités espagnoles ont ainsi pu être prévenues et ils réussirent à repousser ces mécréants. Cette lumière a permis de nommer ce phénomène le « phare de Maracaibo » et a longtemps servi de repères pour les marins.

Cet orage est possible grâce aux conditions particulières du milieu. Les lagunes exposées au soleil provoquent de fortes évaporations. La décomposition des algues et autres matières organiques forme du méthane qui s’évapore en même temps que l’eau. Les vapeurs sont entrainées par les alizés du nord, un vent régulier de basse altitude, vers la cordillère des Andes. Elles gagnent alors en altitude et rencontrent l’air froid de la chaîne de montagnes. La vapeur se condense en particules de glace. À titre d’information, la condensation désigne bien le passage d’un élément de l’état gazeux à solide. Son utilisation au quotidien pour parler de la liquéfaction de la vapeur d’eau sur une vitre par exemple est un abus de langage.

Les chocs répétés entre les particules de glace causés par les vents verticaux font qu’elles échangent des électrons. Cette différence de charge crée des éclairs intra-nuageux, c’est-à-dire au sein du nuage. En temps normal l’air est un isolant électrique qui permet de limiter les orages, mais cette propriété est atténuée par la présence du méthane qui peut s’ioniser et faciliter l’échange d’électrons. Normalement, celui-ci se décompose dans l’atmosphère lorsqu’il est soumis aux rayons ultraviolets, ce qui n’est plus le cas quand le soleil se couche. C’est pourquoi cet orage n’a lieu que la nuit.

De plus, il est possible de profiter de ce spectacle sans faire souffrir nos chers tympans. Il y a bien du tonnerre, mais ces éclairs se forment à plus de 7 km d’altitude. Il est donc possible d’assister à ce ballet d’échange d’électrons, le tout en écoutant une musique romantique en serrant son cher et tendre (ou sa chère et tendre) dans ses bras pour le (ou la) rassurer.

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Sources : BBCobservers.france24.comvenezuelatina.com



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