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Y a-t-il trop peu de chômeurs au Japon ?

Au pays du soleil levant, le taux de chômage a récemment atteint un taux aussi bas qu’il y a plus de deux décennies. Alors que les avantages d’une telle situation existent naturellement, il y a tout de même un revers de la médaille assez paradoxal.

Le 31 mars 2017, le gouvernement japonais a dévoilé les chiffres sur le chômage du mois de février. Bonne nouvelle pour ce pays puisque le chômage est à 2,8 %, une situation qui ne s’est pas vue depuis 1994. Cela revient à dire que sur une centaine de personnes actives, quatre-vingt-dix-huit ont un emploi. Les femmes et les seniors bénéficient pleinement de cette situation comme l’indique le quotidien Les Échos :

« Sur les quatre dernières années, le taux de participation des femmes à l’emploi a progressé de 63,4 % à 68 %. Et le nombre de travailleurs âgés entre 65 ans et 69 ans a bondi. Ils étaient l’an dernier 4,5 millions toujours en emploi à cet âge contre 3,1 millions en 2012. »

(Crédit image : Bloomberg)

Ce niveau de plein emploi est quasiment effectif depuis 2014 et aujourd’hui, ce taux de chômage espéré par bon nombre de nations comporte de sacrés défauts. Le Japon est malheureusement entré dans une phase de pénurie de main-d’œuvre, ralentissant l’activité et n’attirant que très peu les investissements. Il s’avère que le marché du travail est très tendu et que pour 100 chômeurs, il existe 143 offres d’emplois.

« N’importe quelle personne qui souhaite travailler peut maintenant avoir un emploi, tant qu’elle ne se montre pas trop difficile sur les conditions de travail et le salaire »
, indique Ryutaro Kono, économiste en chef de BNP Paribas à Tokyo.

La situation actuelle du Japon est la preuve que plein emploi et récession sont étonnamment deux notions compatibles. Le problème trouve ses origines dans la précarisation des emplois ainsi que dans la stagnation des salaires, ce qui revient à dire que s’il y a bien du travail pour tous, les bonnes conditions pour l’assumer sont beaucoup moins garanties.

En 2015, une mesure avait été prise par le Premier ministre Shinzō Abe : celle d’augmenter le salaire minimum ainsi que les petites retraites. Ceci a eu pour effet d’augmenter la consommation, mais pas assez pour remettre le pays sur la voie d’une croissance durable. De plus, les entreprises nippones craignent une mise à mal de leur capacité à recruter dans la population active, cette dernière perdant près d’un demi-million de personnes du fait du déclin démographique observable depuis quelques années maintenant.

Sources : Les ÉchosLe FigaroKonbini