,

Un système mafieux semble tirer les ficelles de la tomate

Crédits : iStock

Un journaliste français a mené l’enquête durant deux ans sur le marché de la tomate en Italie. Verdict ? Il semblerait que ce commerce soit aux mains de la mafia et que les dérives soient nombreuses.

Vous achetez des sauces italiennes et du concentré de tomates ? Il se pourrait que la mafia soit derrière l’exploitation de « l’or rouge », à savoir la tomate, qu’a rebaptisée le journaliste Jean-Baptiste Malet dans son ouvrage L’Empire de l’or rouge : Enquête mondiale sur la tomate d’industrie éditée récemment.

« Les consommateurs ne savent pas ce qu’ils mangent à cause des pratiques opaques des conserveries » déclarait Jean-Baptiste Malet dans un article publié dans Le Parisien le 17 mai 2017.

Selon lui, la mafia se rend coupable d’exploitation de migrants en provenance d’Europe de l’Est et d’Afrique, employés pour les récoltes. Ces travailleurs ne seraient d’ailleurs même pas déclarés et gagneraient entre 1,16 et 1,33 euro seulement par kilogramme de tomate ramassée. Il semble qu’à ce jour, aucune condamnation n’ait été prononcée, une situation imputée à l’absence de contrôle et de barrières douanières.

« La tomate d’industrie est un produit de marchandise de prédilection des mafias » dénonce le journaliste, précisant que suivant les régions du pays, différentes mafias sont aux commandes, par exemple la Camorra en Campanie, la Cosa Nostra en Sicile ou la Sacra Corona Unita dans la région des Pouilles.

Cependant, le malaise ne s’arrête pas là puisque l’étiquetage « produit en Italie » n’implique pas nécessairement que la matière première vienne du pays. Si une partie des tomates sont bel et bien produites en Italie, une large proportion est importée de Chine, d’Espagne ou encore des États-Unis. Ces tomates sont pour la plupart utilisées dans la confection des sauces et autres concentrés.

Le consommateur est donc trompé « à cause des pratiques opaques des conserveries » poursuit Jean-Baptiste Malet, qui évoque que les produits se retrouvent également en France. L’industriel italien Giaguaro a été plus ou moins inquiété par la justice entre 1997 et 2007 pour fabrication illicite de faux concentré à base de déchets de tomates, mais « la marque est distribuée chez Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino et Monoprix ».

Enfin, il faut tout de même savoir que le chiffre d’affaires de ces organisations ayant la main mise sur secteur a été estimé à 15,4 milliards d’euros (pour 2014).

Sources : Le ParisienConsoGlobeLe Figaro