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Pour sa passivité face à la brutale répression des Rohingyas, Aung San Suu Kyi est déchue du prix Elie Wiesel

Crédits : Wikipédia Commons

Lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, la ministre de la Présidence de la République de l’Union de Birmanie Aung San Suu Kyi vient de se voir retirer le prix Elie Wiesel du musée de l’Holocauste à Washington. La raison ? Son inaction face à la situation des Rohingyas dans son propre pays.

Depuis de longs mois, le massacre et l’exil de la minorité musulmane des Rohingyas de Birmanie se poursuivent. La chef d’État, face à cette situation, s’était refusée à parler de génocide afin de qualifier la répression orchestrée par l’armée birmane dont les Rohingyas sont victimes. Et pourtant, cette dame incarnait jusqu’à aujourd’hui un des symboles de la lutte pour les droits de l’Homme !

Alors que le Parlement européen a discuté de la possibilité de lui retirer le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit (attribué en 1990), le musée de l’Holocauste de Washington a décidé de passer à l’action en lui ôtant le prix « Elie Wiesel » qui lui avait été décerné en 2012 pour son sacrifice personnel et sa détermination face à la junte militaire pour la dignité du peuple birman.

Sara J.Bloomfield, directrice du musée de l’Holocauste, déclarait dans un communiqué publié le 6 mars 2018 :

« C’est avec grand regret que nous révoquons cette récompense. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Nous avons espéré que [Aung San Suu Kyi] ait fait quelque chose pour condamner et mettre fin à la brutalité de la campagne militaire, et exprimé sa solidarité avec la population Rohingya. »

Effectivement, Aung San Suu Kyi n’a pas usé de sa position pour tenter de venir en aide aux Rohingyas et a même eu tendance à critiquer le traitement médiatique de la situation de la minorité. L’intéressée s’est également montrée critique envers l’ONU, la communauté internationale ainsi que certaines organisations de défense des droits de l’Homme.

Le comité du prix Nobel s’est également montré concerné, mais n’a pas voulu entreprendre la destitution de la femme d’état birmane en raison de ses efforts et de ses actions passées.

Sources : France24Le Monde