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La réduction des pesticides dans les vignes contribue au retour des papillons

Les vignobles de l’État de Washington ont pris l’initiative de réduire leur taux de pesticides dans les vignes en privilégiant la restauration de l’habitat naturel. Fait inattendu, cette démarche a permis la prolifération des papillons. Une aubaine pour les viticulteurs voulant réduire l’usage de pesticides, mais également pour les nombreux visiteurs qui arpentent les exploitations, entourés de milliers de papillons.

Dans l’État de Washington, on produit du vin en grande quantité. La viticulture, qui représente une industrie agricole majeure dans cette région, a eu pour effet de réduire considérablement la faune et la flore de ces grands espaces. Dégradation du milieu naturel, développement de l’agriculture, utilisation de pesticides, autant d’activités qui fragilisent l’écosystème de la région. Pour preuve, la cinquantaine d’espèces de papillons qui peuplaient la région ont vu leur nombre décliner rapidement.

Les exploitants se tournent aujourd’hui vers une gestion durable des pesticides. Outre la réduction significative des pesticides, les viticulteurs se penchent également sur la restauration de l’habitat naturel en plantant des buissons ainsi que d’autres espèces végétales susceptibles d’attirer les bons insectes, ceux qui se nourrissent des insectes nuisibles aux vignes.

Cette transition a été étudiée par des chercheurs de l’université de l’État de Washington qui ont suivi l’évolution des populations de papillons dans des vignobles de quatre régions viticoles et les résultats parlent d’eux-mêmes. Dans les vignobles où l’habitat des papillons était favorisé, les chercheurs ont recensé 29 espèces différentes de papillons, contre 9 dans les vignobles « traditionnels ». Si l’augmentation du nombre de papillons n’est pas l’objectif premier de cette initiative, elle démontre bien que les stratégies de restauration de l’habitat et de diminution des pesticides permettent de redonner vie à l’écosystème de la région. Les papillons n’ont pas d’intérêt économique direct, mais ils sont juste la preuve d’un écosystème en bonne santé susceptible de favoriser les populations d’arthropodes bénéfiques : prédateurs et parasitoïdes.

Les exploitations agricoles accueillent également souvent des visiteurs afin de leur faire découvrir leur savoir-faire, leurs produits et leur région. Et quoi de plus beau qu’une vigne où volent les papillons par milliers pour accueillir le public ? D’autant plus que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions qui touchent les pesticides.

Sources : Journal of Insect ConservationFuturaSciences

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