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Thuwar Al Raqqa, ce groupe qui aide les djihadistes repentis à fuir l’Etat Islamique

Crédits : capture écran vidéo article

Au sein de l’armée syrienne libre, un groupe baptisé Thuwar Al Raqqa contribue à faire fuir ceux qui ont prêté allégeance à l’État Islamique pour un idéal, mais n’y ont trouvé que terrorisme. Mais pour les combattants européens, il semble que les ambassades refusent de coopérer.

Je le dis à tous mes frères, si vous êtes à la recherche d’un État islamique, celui-ci n’est pas celui que vous cherchez. Ce n’est pas un État, et il n’est pas islamique. Ce sont des criminels. N’y allez pas. Vous allez le regretter“. Tel est le témoignage d’Abu Jaul, 38 ans, déserteur de l’État islamique, qui a trouvé refuge au sud de la Turquie, près de la frontière syrienne. Ce Jordanien est loin d’être seul puisqu’ils seraient actuellement des centaines à vouloir fuir Daesh, dont 90 Européens.

Pour fuir sans craindre de représailles, c’est le groupe Thuwar Al Raqqa qui s’en charge, un groupe de l’armée syrienne libre qui aurait permis à au moins 100 déserteurs de s’échapper du régime de Daech. C’est la chaîne qatarie Al Jazeera qui publie un documentaire d’une quarantaine de minutes dans lequel quatre déserteurs témoignent de ce qu’ils ont vécu au sein de l’organisation, ce qu’ils sont venus y chercher et ce qu’ils y ont trouvé.

Ils ont rétabli l’ordre. Il y avait de l’électricité, l’eau était potable. Le pain était bon et les prix étaient justes. Ils ont fait de bonnes choses pour la province” raconte notamment un jeune syrien au moment d’évoquer ce qui l’a séduit, au départ. Mais au final, c’est un “gang brutal” et corrompu qui a “sali l’image du califat et des musulmans” qu’il a trouvé.

Sous la dictature de Daech, la richesse n’est pas redistribuée. Les émirs disposent des maisons les plus luxueuses et les combattants étrangers bénéficient d’un salaire de 1 000 dollars, alors que leurs homologues syriens se contentent de 100 dollars par mois. À Raqqa, très vite, les habitants ont limité au maximum leurs sorties à cause de l’odeur putride des corps mutilés d’hommes, de femmes et d’enfants laissés dans la rue” apprend-on dans ce documentaire.

Ce groupe Thuwar Al Raqqa se charge de l’exfiltration des combattants dupés, mais la tâche est plus que difficile quand il s’agit d’aider les combattants européens à fuir. En effet, selon Abu Soufian, en charge des demandes, lorsqu’il contacte les ambassades européennes pour coopérer, celles-ci refusent. “Ils nous disent, ‘’laissez-les là-bas’’” ajoute-t-il. Chose qui peut également se comprendre, des djihadistes convaincus pouvant tenter de s’infiltrer par ce biais.

Pour Mahmoud Oqba, le commandant militaire de Thuwar Al Raqqa, ce refus de coopérer est pourtant plus que dangereux pour ces pays européens. “Les déserteurs seront forcés de dépendre de contrebandiers pour rentrer chez eux. Cela facilitera l’infiltration de l’État islamique et leur capacité à envoyer des personnes qui pourront éventuellement faire exploser des bombes. S’ils coopèrent avec nous, on peut leur donner plus d’informations sur chaque combattant et ils pourront ainsi contrôler la situation en mettant ces personnes sous surveillance ou dans des centres de réhabilitation.

Sources : aljazeera, slate

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