L’aéroport d’Amsterdam va baisser son trafic pour lutter contre la pollution

Schiphol aéroport
Crédits : Mark Brouwer / Wikimedia Commons

Aux Pays-Bas, l’aéroport Amsterdam-Schiphol s’apprête à faire ce qu’aucun autre aéroport n’a fait jusqu’à présent. En effet, il est question de baisser d’un cinquième le trafic de cette infrastructure pour réduire son impact environnemental ainsi que la pollution sonore.

Réduire la pollution environnementale et sonore

En fin d’année 2021, nous évoquions déjà l’aéroport Amsterdam-Schiphol dans le cadre d’un projet aussi insolite qu’utile. En effet, l’enceinte de l’aéroport accueille des dizaines de cochons sur un terrain de deux hectares au milieu des pistes. Le but était de réduire le nombre d’oiseaux dans la zone, ceux-ci causant assez souvent des incidents avec les avions au décollage et à l’atterrissage.

Selon un article de Bloomberg, l’aéroport Amsterdam-Schiphol a cette fois fait une annonce bien plus retentissante. En effet, cette infrastructure deviendra la première du genre à baisser son trafic afin de lutter contre différentes formes de pollution. Il s’agira de plafonner le nombre de vols à 440 000 par an au lieu de 500 000, une capacité atteinte avant la pandémie de Covid-19.

Il faut savoir que Schiphol est une des zones les plus fréquentées des Pays-Bas. Cette zone urbanisée comporte en effet de très nombreuses activités. Toutefois, des riverains s’inquiètent grandement de l’impact de l’aéroport sur l’environnement et sont gênés par le bruit des avions. Ainsi, la mesure vise à réduire la pollution environnementale et sonore de l’aéroport.

Schiphol aéroport
Crédits : Andrew Nash / Flickr

Tenter d’atteindre la neutralité carbone

Cette décision est donc exceptionnelle, surtout que l’aéroport Amsterdam-Schiphol est l’un des quatre principaux hubs d’Europe avec Londres Heathrow, Paris-Charles de Gaulle et l’aéroport de Francfort. Par ailleurs, la mesure intervient après plusieurs mois d’activité assez calamiteux à Schiphol où de nombreux vols ont été annulés afin d’éviter l’engorgement, notamment en raison d’une pénurie de personnel. Évoquons également la construction de l’aéroport de Lelystad, un deuxième aéroport à Amsterdam dont le but est de libérer de l’espace pour l’expansion de la compagnie néerlandaise KLM. Pour l’instant, la mise en route de cet aéroport est en stand-by.

La décision intervient également dans un contexte de défis techniques très importants en ce qui concerne la décarbonation du transport aérien. Dans tous les cas, une réduction du nombre global de vols semble nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. En 2020, le cabinet B&L Evolution avait publié une étude à propos de la neutralité carbone du secteur aérien. Afin d’y parvenir, il faudrait réduire le nombre de passagers de 2,5 % à 4 % par an pour atteindre une baisse de 50 % d’ici une vingtaine d’années.