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Voici la « barge méduse », une serre flottante, écologique et autonome

A l’horizon 2050, la demande en denrées alimentaires fera plus que doubler, alors que la ressource eau sera de plus en plus rare. Des initiatives tentent d’apporter des solutions alternatives, comme la Jellyfish Barge, un projet durable très bien pensé.

Le think-tank Pnat (International Laboratory of Plant Neurobiology) réunit des chercheurs (Stefano Mancuso de l’Université de Florence par exemple), biologistes ou encore designers comme la société italienne Studiomobile, dans le but d’élaborer des projets pratiques où la nature est partenaire et actrice de leur faisabilité. Utiliser la nature comme moteur des projets de développement durable, c’est justement le but du biomimétisme.

Défini et conceptualisé par la naturaliste américaine Janine Benyus en 1997, le biomimétisme est une démarche d’innovation faisant appel au « transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services innovants, de manière plus durable, afin de relever les défis de notre société et de rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère » selon le Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis (CEEBIOS).

Les chercheurs du Pnat ont donc mis au point la Jellyfish Barge (ou Barge méduse), des unités flottantes de cultures vivrières autonomes. Ces modules ne sont pas alimentés par une source d’eau potable, ni par des produits chimiques, ni par une source d’énergie extérieure. Il s’agit d’une serre posée sur l’eau, qui serait 100 % écologique et économique.

La Jellyfish Barge a été étudiée pour faciliter son auto-construction à l’aide de matériaux basiques et une technologie simple. Une base de 70 m² soutient l’intégralité de la barge grâce à des flotteurs en plastique recyclé.

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La barge méduse est équipée d’un système de culture hydroponique à haute efficience, permettant une production équivalente aux systèmes hydroponiques actuels, mais avec 70 % moins d’eau selon les concepteurs. Un système automatisé permet le contrôle, par un moniteur, de données essentielles pour l’espace de culture, par exemple l’hygrométrie (ou humidité relative) et la température. La Jellyfish Barge serait également capable de purifier l’eau salée ou polluée rien qu’avec l’énergie du soleil. En effet, les sept systèmes de purification de l’eau peuvent traiter 150 L d’eau chaque jour par distillation solaire. Une autonomie renforcée par des capteurs solaires et une turbine, système produisant assez d’électricité pour ne pas être connecté au réseau énergétique.

Cette barge a été pensée pour produire sur un modèle d’agriculture locale pour le local, à taille humaine, dans des pays aux faibles ressources et en proie à des problèmes environnementaux et/ou de dépendance alimentaire. Le Pnat a déjà construit et testé un prototype de barge méduse avec succès, annonçant peut-être une multiplication de telles structures, de différentes formes ou de taille variable.

Voici une vidéo montage de photos relatives au prototype de Jellfish Barge :

https://www.youtube.com/watch?v=uDtkrlwW94U

Sources : Jetson GreenMr MondialisationPNATCEEBIOS

  • Crédits photo : © Matteo de Mayda 2014