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Ils transforment les déchets agricoles en combustible de chauffage

Le 114e concours Lépine s’est déroulé ce samedi 9 mai et c’est un « granulateur mobile », transformant les déchets végétaux en granulés de chauffage, qui remporta le vase de Sèvre, la plus haute récompense. Le Grand Prix, quant à lui, a été décerné à une entreprise recyclant les pneus en pétrole.

Ils s’appellent Charles Hermann, Philippe Durrhammer et Xavier Remond, sont tous les trois Meilleurs Ouvriers de France et dirigent H-Energie, une jeune entreprise alsacienne. Au concours Lépine, ils ont présenté leur création : une énorme machine mobile capable d’ingurgiter tous les déchets agricoles (ou presque) pour créer des granulés de combustible qui serviront de combustible de chauffage.

L’appareil, déjà commercialisé, est conçu pour progresser directement dans les champs, pour éviter les coûts de transport, et y ramasser la paille, le maïs, le colza, l’épeautre ou les sarments de vignes, même humides. Elle produit ainsi un combustible bon marché. Parmi les 600 propositions du concours Lépine, cette création a remporté le prix du Président de la République, la plus haute récompense, représentée par le vase de Sèvre.

Le Grand Prix, ou Prix du Sénat, a été décerné quant à lui à l’entreprise franco-allemande Pyrum Innovations qui a pour ambition de recycler 5000 tonnes de pneus par an en pétrole. Les fondateurs ont construit une unité de raffinage de 25 m de haut, comprenant un réacteur où des granulats de pneus sont chauffés à près de 700 °C (en milieu inerte pour éviter leur combustion). Ce procédé de thermolyse donne un mélange de 50 % de pétrole, 38 % de coke et 12 % de gaz, lequel sert à alimenter l’entreprise en électricité. Le pétrole produit donnerait 60 % de diesel, 30 % d’essence et 10 % de solvants, selon Pascal Klein, l’un des deux fondateurs de l’entreprise.

Le PDG de Pyrum Innovations montre un flacon de pétrole obtenu à partir de pneus usagers, au siège de son entreprise à Dillingen, près de la frontière française, le 20 février 2014 afp.com - Jean-Christophe VERHAEGEN
Le PDG de Pyrum Innovations montre un flacon de pétrole obtenu à partir de pneus usagers, au siège de son entreprise à Dillingen, près de la frontière française, le 20 février 2014
afp.com – Jean-Christophe VERHAEGEN

Celui-ci espère pouvoir commercialiser sa technologie dans les prochains mois, mais l’industrie pneumatique reste encore méfiante et mène ses propres recherches. “La viabilité de leur modèle industriel n’est pas encore démontrée“, estime Jean-Philippe Faure, directeur R&D d’Aliapur, filière de valorisation des pneus usagés en France. De plus, leurs produits “sont de moins bonne qualité et n’arrivent pas à passer en termes de prix” par rapport à des pneus classiques. Les industriels restent attentifs à ces progrès, mais “ne veulent pas courir le risque d’utiliser un produit recyclé sur lequel ils ont encore des doutes en termes de performance“.

Pourtant, la question du recyclage des pneus est loin d’être négligeable. D’après l’Ademe, 17 millions de tonnes de pneus usagers sont générées chaque année dans le monde.

Sources : Futura-Sciences, AFP

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