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Bayer, le géant de l’agrochimie, nie sa responsabilité dans la disparition des abeilles et contre-attaque

Le géant des pesticides Bayer a décidé de porter plainte contre la Commission Européenne suite à l’interdiction de l’utilisation de certains de ses produits. Motivée par plusieurs regroupements d’apiculteurs, la plainte avait permis de restreindre l’utilisation des produits incriminés, dont les néonicotinoïdes, responsables de la disparition massive des abeilles.

En 2013, sensibilisée par la mort des abeilles, la Commission européenne avait confirmé à l’époque sa décision de restreindre pendant deux ans l’utilisation de trois néonicotinoïdes (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) utilisés dans des pesticides fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta, et considérés comme responsables de l’hécatombe des abeilles.

Les deux groupes ont donc décidé de contre-attaquer et de porter plainte contre la Commission Européenne, dans le but que celle-ci retire les restrictions imposées à l’utilisation de pesticides. Ils estiment que l’interdiction est « injustifiée » et « disproportionnée ».

En effet, les industriels de l’agrochimie estiment que le déclin de ces populations d’insectes est lié à d’autres facteurs. Ces derniers pointent du doigt le changement climatique, les espèces invasives (telles que le frelon asiatique) ou encore les parasites tels que la mite varroa, porteur d’une maladie destructrice pour les colonies d’abeilles.

L’enjeu est évidemment économique puisque, selon un porte-parole de Bayer CropScience, si les substances incriminées par Bruxelles sont réellement interdites, cela représente une perte de chiffre d’affaires de 80 millions d’euros. Pour Syngenta, les ventes annuelles du Thiamethoxam dans l’UE s’élèvent à 35 millions d’euros.

Pour rappel, en 2014, des millions d’abeilles sont mortes : on estime qu’un tiers ont disparu aux États-Unis et on a répertorié quelques cas particulièrement suspects, notamment 37 millions d’un coup dans une ferme au Canada (on estimait début 2014 qu’en Europe il manquait 13 millions de colonies). Une disparition massive qui corrobore avec l’utilisation des pesticides dans les champs cultivés.

La disparition des abeilles est une catastrophe pour l’humanité. Selon la phrase attribuée communément à Einstein, « sans les abeilles, il ne resterait que peu de temps à l’Homme ». Aujourd’hui, un tiers de notre nourriture dépend directement de l’abeille, le pollinisateur agricole le plus important de notre planète. Si les abeilles disparaissaient, c’est toute la chaîne alimentaire qui sera menacée ainsi que l’équilibre de la faune et de la flore.

Source : Consoglobe

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