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Les chômeurs hongrois forcés à bâtir un mur anti-immigration

Crédits Pixabay

Afin de stopper l’immigration « massive », la Hongrie construit depuis la mi-juillet un mur tout au long des 175 km de frontière avec la Serbie. Il revient aux chômeurs de bâtir ce mur et en cas de refus, ils perdent tout simplement leur allocation chômage.

En Hongrie, porte d’entrée de l’Union Européenne, l’immigration clandestine augmente de manière significative avec pour cette moitié d’année 2015 un nombre de réfugiés déjà supérieur à l’ensemble de l’année 2014 selon le gouvernement. Afin d’empêcher cela, le pays a entrepris depuis le mois de juillet la construction d’un mur de 4 mètres de haut sur les 175 km de frontière qu’elle partage avec la Serbie, malgré les fortes critiques des partenaires européens.

En 2015, le pays aurait déjà atteint la barre des 50 000 entrées estime le gouvernement, principalement en provenance d’Afghanistan, de Syrie et d’Irak, contre 43 000 pour l’ensemble de l’année 2014. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) estime quant à elle ce chiffre à 13 000. « L’immigration est l’un des principaux problèmes de l’Union européenne. Les États membres de l’UE sont en train de chercher des solutions, mais la Hongrie ne peut plus attendre », a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto. « Je trouve que le fait qu’ils (les Serbes, ndlr) laissent passer les réfugiés chez nous est choquant. J’estime qu’il faut arrêter ces gens alors qu’ils sont encore en Serbie » estime de son côté le Premier Ministre hongrois, Viktor Orbán.

La construction de ce mur est à la charge des chômeurs du pays, qui ont déjà vu leurs règles d’indemnisation être réduites aux plus strictes d’Europe. L’allocation chômage est tombée à une indemnisation de 75 € par mois, et le parti au pouvoir prévoit même la suppression de cette allocation d’ici à 2018. Un des demandeurs d’emploi contraint à participer à la construction de ce mur a déclaré au journal local Delmagyarorszeg qu’il percevait 51.000 forints par mois (166 €) et deux repas par jour, et que s’il refusait le poste, il perdrait son allocation de chômage.

Source : FranceTVinfo, France 24sputniknews