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Au Tadjikistan, il est désormais interdit de pleurer trop fort lors des enterrements

Crédits : iStock

Les autorités de ce pays musulman d’Asie Centrale viennent d’interdire aux habitants d’exprimer des « émotions extravagantes » lors des funérailles. Ainsi, pleurer trop bruyamment ou engager des pleureuses est désormais défendu.

Au Tadjikistan, le gouvernement dicte fréquemment à ses ressortissants quelle attitude adopter, c’est même devenu une réelle habitude. Dernièrement, une commission visant à promouvoir les vêtements jugés appropriés à vu le jour et sa première décision a été de mettre une place une mesure assez incroyable : envoyer des SMS à la population indiquant la manière dont les gens doivent se vêtir, en particulier les femmes musulmanes.

Désormais, il est question de réduire le volume sonore lors des funérailles. Une brochure imprimée en 500 000 exemplaires a été distribuée pour expliquer comment des funérailles doivent se dérouler au niveau de l’attitude. Comme l’indique le site Newsweek, les autorités tadjikes et plus précisément le Département des affaires religieuses ont notamment interdit aux personnes de pleurer trop bruyamment ou de louer les services de pleureuses professionnelles comme c’est la tradition un peu partout dans le pays. Oublions également les youyous, ces cris féminins aigus manifestant la tristesse ou la colère tout comme les épisodes « tragiques » tels que courir après le cercueil en s’arrachant les cheveux, ce qui peut se produire sous l’effet du désarroi.

« Il y a eu une demande au cours des dernières années pour de telles lignes de conduite qui aideraient nos citoyens à mener à bien les funérailles et les rituels mortuaires », a expliqué Afshin Muqim, un porte-parole du gouvernement.

La mesure ne s’arrête pas là, car l’apparence est également réglementée, encore une fois surtout pour les femmes. Ces dernières doivent par exemple porter du bleu, la couleur traditionnelle mortuaire du pays. Des préconisations sont aussi exposées pour ces messieurs concernant la longueur de la barbe ou encore le style de turban porté lors de ce type d’occasion.

Officiellement, il s’agit d’une volonté de lutter contre l’extrémisme religieux bien que le lien soit ici assez difficile à observer. En tout cas, depuis le début des années 2010, le gouvernement du Tadjikistan essaie de réduire l’influence d’un Islam jugé trop prononcé par le biais de diverses mesures. Citons par exemple l’interdiction du port du hijab dans les écoles et l’interdiction aux garçons de moins de 18 ans de prier dans les mosquées.

Sources : Newsweek8e Etage