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Coupe du monde 2022 : l’Al-Wakrah Stadium, un bijou qui fait polémique

Le Qatar organisera la coupe du monde de football en 2022. Le stade d’Al Wakrah qui accueillera certains matchs est actuellement en construction et va devenir un bijou d’ingénierie. Cependant, ce projet suscite quelques polémiques.

La Coupe du monde de football au Qatar se déroulera en théorie du 12 juin au 10 juillet 2022. La FIFA (Fédération Internationale de Football Association) a désigné ce pays en 2010 pour organiser cet événement sportif de grande ampleur. Compte tenu des températures extrêmes en été au Qatar (40-45 °), il est question de reporter la compétition en hiver, en novembre-décembre 2022 ou en janvier-février 2023.

L’Al-Wakrah Stadium, qui sera livré en 2018, est l’un des cinq stades où se joueront les matchs de la coupe du monde. Ce stade est le fruit de la coopération d’Aecom Technology Corporation et du cabinet Zaha Hadid. Aecom est un bureau d’études et de conseil en ingénierie américain. Al-Wakrah, ville située à 15km au sud de Doha, capitale du Qatar, est une des plus anciennes zones habitées du pays, dotée d’un riche patrimoine culturel et architectural traditionnel islamique, comprenant bâtiments historiques, mosquées et sites archéologiques en nombre.

Zaha Hadid a remporté en 2013 le concours pour élaborer ce projet. Cette architecte de renom dispose d’un cabinet à Londres depuis 1980. Elle a conduit divers projets à travers le monde, par exemple : un musée Guggenheim à Taiwan, la piscine olympique de Londres pour les JO de 2012 ou encore la première tour de Marseille, siège de la CMA CGM. Elle a récemment remporté un autre concours, lui donnant accès à la réalisation du nouveau stade de Tokyo voué à accueillir la Coupe du monde de rugby en 2019.

L’Al-Wakrah Stadium au Qatar pourra accueillir 45 120 spectateurs, tandis que sa conception modulaire lui permettra d’être réduit à une capacité de 20 000 places pour une utilisation dans le championnat du Qatar. Il s’agit en réalité d’un grand complexe sportif comprenant une salle polyvalente, avec piscines et spa, puis un centre commercial avec toitures végétalisées. L’entrée du stade sera agrémentée d’une grande place arborée dans le but d’offrir un peu de fraicheur aux spectateurs. À l’intérieur, des systèmes de refroidissement via la production d’énergies renouvelables seront présents pour avoir des températures convenables.

Vidéo de présentation du Al-Wakrah Stadium

« La ressemblance du stade qatari avec les parties intimes d’une femme n’est peut-être pas intentionnelle, mais pour ma part je l’applaudis. Peut-être que les gros bonnets qui dirigeront ce stade reconnaîtront ce prétendu faux pas comme clin d’œil délibéré pour une politique plus libérale quant à la place des femmes dans le sport » écrivait la journaliste Holly Baxter dans le Guardian du 18 novembre 2013.

L’architecture du stade d’Al-Wakrah adopte l’esprit de la ville : l’univers maritime, marqué par la pêche commerciale et la récolte de perles. D’apparence, le stade a la forme d’un coquillage. La toiture ondulée rappelle le « boutre » nommé aussi « dhow », voilier traditionnel arabe. Cependant, la forme du stade fait polémique en 2013 : il fut comparé à un vagin, alimentant une réaction féministe. La société Aecom Technology Corporation a été tournée en dérision dés le 16 novembre 2013, à la suite de la présentation du projet.

« Le Qatar est un État esclavagiste», déclarait la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, lors du congrès de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui s’est déroulé à Genève en juin 2014.

Critiques sur les conditions de travail

Les ouvriers travaillant sur le chantier du Al-Wakrah Stadium sont payés 57 centimes de l’heure et travaillent jusqu’à trente jours par mois, selon le Guardian du 29 juillet 2014. Une centaine de travailleurs sont concernés par ces conditions de travail, malgré l’annonce en février 2014 d’une série de mesures pour protéger les ouvriers sur les chantiers des stades.

Sources : Architecture-UrbanismeLe MondeLe FigaroThe GuardianEurosport