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De très nombreux salariés ont du mal à identifier le harcèlement au travail

Crédits : JackF / iStock

Alors que les accusations de harcèlement se multiplient sur les réseaux sociaux et que la législation est en constante évolution, les salariés estiment que leurs connaissances à propos du harcèlement au travail sont trop faibles. Selon les sondés, le gouvernement et les entreprises elles-mêmes en seraient responsables.

Un harcèlement au travail plus fréquent

Qualisocial est une société agissant pour la prévention des risques psychosociaux, l’amélioration de la qualité de vie au travail et l’accompagnement au changement. En septembre 2022, cette entreprise a publié un sondage baptisé Le baromètre du harcèlement au travail. L’enquête a été réalisée par Ipsos auprès de 2 000 Françaises et Français travaillant dans une structure privée ou publique d’au moins cinq personnes.

Les résultats (figurant sur l’infographie à voir ci-après) sont assez inquiétants. En effet, un salarié sur trois aurait déjà subi du harcèlement sur son lieu de travail et quatre salariés sur dix en auraient été témoins. Par ailleurs, 62 % des salariés estiment que les situations de harcèlement au travail sont plus fréquentes qu’il y a une dizaine d’années. Autre donnée étonnante : un manager sur trois a le sentiment d’en avoir déjà été auteur.

infographie harcelement
Crédits : Qualisocial / Ipsos

Les entreprises doivent agir davantage

Évoquons également le fait qu’une imposante part des salariés ont une mauvaise connaissance du harcèlement. Sur 11 situations de harcèlement présentées dans le sondage, seuls 4 % des participants les ont très bien identifiées en tant que tel. Au niveau des actions pour contrer le phénomène, les résultats sont également très parlants. En effet, pour les deux tiers des salariés, le gouvernement n’en fait pas assez, qu’il s’agisse de prévention ou de répression.

Par ailleurs, seulement une entreprise sur huit a adopté des mesures obligatoires pour freiner le harcèlement. Selon les sondés, des mesures de type soutien psychologique, sensibilisation sur le sujet, dispositif de signalement, enquête et sanctions seraient ainsi souhaitables. En effet, le manque d’information sur ce sujet empêche malheureusement la plupart des salariés de pouvoir identifier ce qui relève ou non du harcèlement. Au passage, évoquons le fait que le 31 mars 2022, la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 est entrée en vigueur. Elle stipule que les propos sexistes ou à connotation sexuelle relèvent également du harcèlement, ce que bon nombre de salariés ignorent.

Il serait donc temps que les entreprises prennent réellement le problème à bras le corps. En effet, le harcèlement de manière générale est un sujet très discuté dans les médias et sur les réseaux sociaux, notamment avec les hashtags #metoo, #balancetonporc, #balancetonagency ou #harcèlementautravail. Citons également les femmes japonaises qui, en 2019, se sont révoltées contre l’obligation du port des escarpins à talons via le hashtag #KuToo.