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Il invente un moyen de récolter de l’eau en pédalant

Interloqué par le manque d’accès à l’eau dans les régions subtropicales, un jeune designer autrichien a développé un accessoire pour vélo qui récolte l’humidité de l’air. Le dispositif actuel permet, sous les bonnes latitudes, de stocker un demi-litre d’eau par heure.

Récolter l’humidité présente dans l’air n’est certes pas une idée nouvelle. Certains puits aériens dépassent les 2000 ans, et des initiatives plus contemporaines offrent de capturer le brouillard ; la particularité du projet de Kristof Retezar, étudiant en design industriel, repose sur sa forme compacte et son intégration à un objet en mouvement.

Pourquoi le vélo ? « Le système peut fonctionner sur n’importe quel véhicule (…) J’ai restreint mon projet aux vélos parce qu’ils sont les véhicules les plus répandus au monde » commente le designer repris par Co.Exist.

En pratique, le système s’installe sous le cadre. Une fois le cycliste en mouvement, un flux d’air se crée et s’infiltre dans la partie inférieure de l’appareil avant de remonter. Des parois perforées freinent alors le flux suffisamment pour que le module peltier – alimenté par l’énergie solaire – condense l’humidité sur ses parois. L’eau est enfin récoltée dans la bouteille vissée sous l’appareil.

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Optimisé pour les tropiques

Le système permet de récupérer un demi-litre d’eau au prix d’une heure (et d’un peu de sueur), si tant est que les conditions météo s’y prêtent : le procédé est conçu pour les climats chauds et humides, comme celui de Lima. La capitale péruvienne enregistre en effet une pluviométrie annuelle d’au mieux 6 millimètres tandis que l’humidité relative de l’air atteint 100% la moitié de l’année. Plus d’un million d’habitants y sont privés d’eau courante. Dans ce contexte, l’innovation de Retezar offre un moyen simple pour récolter les ressources où elles sont disponibles.

Le projet nommé Fontus a été présenté par Retezar au James Dyson Awards de cette année, le jeune ingénieur espérant y trouver des investisseurs pour démarrer la production ; Retezar ambitionne également la création d’un kit à monter soi-même avec les composants de base, l’ensemble étant modulable. « Vous pouvez par exemple utiliser une grosse bouteille comme coque, y installer les pièces nécessaires et le système fonctionnera. »

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Sources : Co.Exist, James Dyson Awards