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Le journal Le Monde ne publiera plus de photos de terroristes

Le journal Le Monde a annoncé ce matin, par la voix de son directeur Jérôme Fenoglio, que les journalistes ne publieront plus de photos de terroristes. Alors que certains crient au scandale, pensant que cela nous plonge dans un monde de mensonges et de secrets, d’autres sont d’accord et accueillent avec soulagement cette nouvelle. Explications.

Ce matin, le directeur du journal Le Monde a annoncé dans son édito que plus aucune photographie de terroristes n’apparaîtra dans les publications. Il explique : “Nous ne publierons plus de photographies des auteurs de tueries, pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume“. Selon Jérôme Fenoglio, cette bataille qu’il mène doit s’effectuer par la voix des forces de l’ordre, mais également par la voix des journalistes dont les publications sont visibles partout sur internet et à la télévision, grâce au nouveau modèle numérique. C’est un pas en plus vers une absence de glorification de l’organisation. En effet, beaucoup pensent qu’ils seront célèbres à travers le monde entier après avoir commis un attentat. Le Monde avait déjà décidé de ne plus véhiculer aucune image de propagande ni vidéo de l’organisation terroriste.

Mais le débat fait rage parmi les lecteurs. Beaucoup sont d’accord avec cette décision et pensent que la publication des photos, des parcours, de la vie de ces terroristes peut mener à une starification et à une célébrité qu’il ne faut pas leur accorder. En revanche, certaines personnalités politiques considèrent que l’absence de toute information constitue une violation du droit à l’information et participe à la manipulation de la population.

Malgré les polémiques, Jérôme Fenoglio se défend et affirme que cette technique permettra d’arrêter la stratégie de la haine : “Ces réflexions, ces débats, ces adaptations aux pratiques d’un ennemi qui retourne contre nous tous les usages, tous les outils de notre modernité, sont indispensables si nous voulons briser la stratégie de la haine, si nous voulons vaincre sans nous renier. Nous les devons à toutes les victimes de l’organisation criminelle”. Quoi qu’il en soit, la stratégie se répand : BFMTV arrêtera de diffuser les images quand Europe1 arrêtera même de citer les noms. Mais Wassim Nasr, un journaliste à France 24, reste sceptique et pense que cette décision n’évitera pas le problème.

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Sources : Le MondeLesinrocks, Telerama