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Le business honteux « Je suis Charlie » s’empare du Web

Quelques jours après les attentas terroristes qui ont frappé la France, un superbe élan d’unité a fait sortir les gens dans la rue pour élever haut et fort un message de liberté partout dans l’hexagone. Malheureusement, certaines personnes n’ont pas hésité à profiter de la tragédie qui a touché Charlie Hebdo pour créer un business honteux autour des événements.

Des anciens numéros du Charlie Hebdo en vente sur E-Bay

Alors que des millions de Français ont rendu hommage aux victimes des attentats terroristes ce week-end, certains ont trouvé le moyen de se faire de l’argent en vendant d’anciens exemplaires du Charlie Hebdo donc certains prix atteignent près de 75 000 euros. Il s’agissait du magazine du 2 novembre 2011 rebaptisé « Charia Hebdo » qui réagissait à l’annonce de l’instauration de la charia en Libye et à la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie. Les locaux de la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo avaient alors été en partie détruits dans la nuit par un incendie volontaire

« En France, nous donnerons à Charlie Hebdo les éventuelles commissions perçues par eBay sur les ventes de magazines et produits de Charlie Hebdo liées à cette tragédie », a déclaré l’entreprise, précisant que ses « équipes retireront les annonces publiées relatives à cette tragédie qui ne respectent pas (les) conditions d’utilisation ».

« Je suis Charlie » : Des produits dérivés fleurissent sur le web

Malheureusement, la funeste récupération économique de la tragédie ne s’arrête pas là. Surfant sur le succès du hastag : #JeSuisCharlie, des vendeurs de t-shirts, mugs et autres porte-clés peu scrupuleux ont mis en ligne des produits avec le slogan « Je suis Charlie ». Joachim Roncin, directeur artistique chez Stylist, qui est à l’origine du message « Je suis Charlie » a pourtant bien précisé qu’il le laissait libre d’utilisation mais qu’il ne tolérait pas son utilisation à des fins mercantiles.

Bad-buzz sur les réseaux sociaux

De leurs côtés, certaines marques se sont également fait remarquer sur les réseaux sociaux en publiant des publications sponsorisées et intéressées. Les 3 Suisses en ont d’ailleurs largement fait les frais après la publication d’un visuel mêlant leur nom de marque au slogan « Je suis Charlie » : Je Suisse Charlie. L’entreprise a depuis retiré l’image et s’est excusée : « Nous regrettons d’avoir heurté ou choqué en ces moments d’intense émotion. Jamais nous n’avons voulu en faire une quelconque démarche commerciale. »

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Des noms de domaine ont été expressément achetés après les attentats, souvent pour être revendus ensuite à des prix faramineux. Le Monde révèle que Jesuischarlie.com et jesuischarlie.net ont été réservés dès mercredi. L’un des acheteurs précise : « Je l’ai acheté dans la tourmente d’hier, sans idée précise. J’achète souvent des noms de domaine, mais je n’en ai jamais revendu aucun. Là, ça évite que des personnes le récupèrent pour en faire mauvais usage. »

Récupération économique et politique, il fallait malheureusement s’y attendre. Retenons la marche historique et le soulèvement du peuple célébrant l’union et la liberté de ce dimanche 11 janvier qui restera longtemps gravé dans les mémoires collectives.

Source : Le Monde