Que fait ce pénis gravé sur une pierre de la Rome antique ?

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Crédits : Vindolanda.com

De nos jours, graver des pénis sur des murs est un acte très déplacé. À l’époque antique des Romains, c’était toute autre chose. En effet, il était assez fréquent de voir des phallus gravés dans des pierres. Que ce soit sous forme de collier ou d’amulette, les représentations de phallus étaient vues comme des porte-bonheur qui permettaient d’améliorer sa fertilité et éloigner les mauvais esprits, mais pas que…

Un pénis gravé en guise d’insulte

Cette pierre gravée a été découverte dans le nord de la Grande-Bretagne sur le site de Vindolanda par Dylan Herbert, un ancien biochimiste qui est maintenant à la retraite. Cette représentation phallique retrouvée près du mur d’Hadrien date du IIIe siècle après Jésus-Christ. Sur cette pierre, on retrouve un pénis gravé accompagné d’une petite phrase. Cette dernière dit « SECVNDINVS CACOR » qui voudrait dire « Secundinus, le chieur ».

Finalement, la représentation de pénis n’est pas utilisée uniquement pour des raisons sacrées. Ici, on comprend parfaitement que la pierre est en fait porteuse d’un message d’injure envers Secundinus. Notons également que cette pierre antique romaine mesure près de 40 cm de largeur et 15 cm de hauteur. L’auteur de cette insulte avait donc une sérieuse volonté d’insulter cette personne vu le temps que la réalisation de cette gravure a dû lui prendre.

Dylan Herbert
Dylan Herbert sur le site de Vindolanda. Crédits : Vindolanda.com

Un mur rempli de phallus

À l’époque, les représentations phalliques étaient beaucoup utilisées pour se moquer de ses camarades. On en retrouve ainsi treize sur le site de Vindolanda. Cela paraît néanmoins peu quand on compare avec le mur d’Hadrien et les 59 pénis qui y sont représentés. Ce mur correspondant à la frontière entre l’Angleterre et l’Écosse a été édifié par l’empereur Hadrien lui-même. Avec autant de gravures, les chercheurs ont conclu que cet ancien rempart d’attaque était un lieu important. On ne connaît toutefois pas vraiment la signification qui se cache derrière tous ses phallus antiques (moqueries ou superstitions ?).

On retrouvait aussi des représentations phalliques sous forme de pendentif à base de cuivre. Toujours dans l’optique de se protéger, d’éloigner le malheur ou d’améliorer sa fertilité, les hommes comme les femmes en portaient. D’ailleurs, comme la pierre gravée sur le site de Vindolanda, des chercheurs ont retrouvé une amulette illustrée par un pénis qui aurait été portée il y a environ 1 800 ans, dans le sud-est du Royaume-Uni.