,

Écosse : quand des employés d’Amazon dorment dans des tentes

Crédits : Wikimedia commons / Álvaro Ibáñez

La firme américaine est à nouveau au cœur d’un scandale concernant le traitement de ses employés. Certains d’entre eux seraient contraints de dormir sous des tentes tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas se permettre d’acheter un billet de train pour faire les allers-retours quotidiens depuis leur domicile.

Alors qu’Amazon rêve d’un futur composé de magasins entièrement gérés par des robots, la firme fait à nouveau l’actualité en ce qui concerne le malaise que ressentent certains de ses employés.

En Écosse, près de la ville de Dunfermline, le géant américain du e-commerce possède un site géant dédié à l’emballage et à l’expédition des commandes du site. Selon le quotidien local The Courrier, au moins trois tentes auraient été repérées près du fameux entrepôt pendant le week-end du 11 décembre 2016.

Le quotidien écossais raconte s’être entretenu avec un employé d’Amazon qui vivrait dans les bois jouxtant l’entrepôt, et ce, de manière permanente. Ce dernier, qui désire évidemment rester anonyme de peur d’être licencié, indique qu’il ne peut pas se payer quotidiennement les trajets en train entre l’entrepôt et sa ville de résidence, Perth, située à une centaine de kilomètres.

Il faut savoir que le salaire des employés de ce site est légèrement au-dessus du revenu minimum britannique, mais le revers de la médaille est incarné par le nombre d’heures travaillées chaque semaine. En effet, les employés doivent parfois exercer leur activité jusqu’à 60 heures par semaine. Et si Amazon leur fournit un système de transport en bus, celui-ci coûte tout de même une dizaine de livres sterling par jour, soit plus que le salaire horaire des employés qui est de 7,35 livres. « Les salaires sont extrêmement bas, ce qui signifie que les travailleurs sont obligés de vivre avec le strict nécessaire afin de pouvoir faire un minimum de profit. L’intensité du travail est telle que les employés se contentent de bosser, manger, dormir », explique Willie Rennie, leader libéral démocrate écossais au site Motherboard.

(Crédit photo : CA Group)
(Crédit photo : CA Group)

De plus, les points d’eau étant plutôt rares sur le site, certains employés n’hésitent pas à uriner dans une bouteille ! Ces derniers travaillent sous pression et le bruit court vivement qu’Amazon n’hésiterait pas à menacer de licenciement les salariés dont les objectifs ne seraient pas atteints ainsi que ceux prenant des congés maladie.

Amazon a voulu se justifier après la divulgation de ces dérives, des propos recueillis par The Guardian : « Nous proposons un environnement de travail sûr et agréable avec, dès le départ, un salaire attractif et des avantages. […] Si nous arrivons à recruter autant d’employés, c’est parce que nous leur offrons de bons postes, un environnement de travail satisfaisant et des possibilités d’évolution. »

Sources : The GuardianMotherboardLe MondeOuest France