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Grenoble, première grande ville d’Europe à bannir la publicité

En janvier prochain, Grenoble deviendra la première grande ville d’Europe à oser se détourner de la publicité. La ville retirera ainsi ses 326 panneaux publicitaires pour « libérer l’espace public d’un modèle obsolète et trop agressif ».

C’est la société JC Decaux qui va faire les frais de cette décision qui était une promesse de campagne du nouveau maire écologiste Eric Piolle. Le contrat qui la lie à la ville ne sera pas renouvelé et les 326 panneaux publicitaires vont ainsi être purement et simplement supprimés des rues. Au total, ce sont donc 2051 mètres carrés d’espaces publicitaires qui vont disparaître pour être remplacés par une cinquantaine d’arbres ainsi que des espaces d’affichage culturels, «libres et citoyens».

« Cette décision répond à la volonté de la municipalité d’embellir la cité, de développer l’expression citoyenne, de redonner de la place à la nature, de privilégier le commerce en ville et de protéger les jeunes générations », explique la municipalité dans un communiqué.

Les abribus ne seront concernés qu’en 2019 puisque le contrat les concernant et signé en 2004 ne prendra fin qu’à cette échéance.

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Pas de manque à gagner selon la mairie

Si cette décision représentait à l’heure actuelle un manque à gagner de 600 000 euros par an, la municipalité indique que le renouvellement du contrat n’aurait plus apporté qu’une redevance de 150 000 euros du fait de la concurrence d’internet et de l’effondrement de la publicité traditionnelle. Le manque à gagner serait déjà largement compensé par la diminution du budget « protocole » de la ville de 190 000€ entre 2013 et 2014. De plus, le conseil municipal a décidé de baisser de 25% ses indemnités soit une économie de 300 000 euros par an.

Pour la société JC Decaux (numéro 1 mondial de la communication extérieure), cette perte ne représente qu’une goutte d’eau sur ses 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Toutefois,  les 3700 villes françaises de plus de 10.000 habitants en contrat avec cette société pourraient bien finir par elles aussi remettre question leur contrat, comme le prônent de nombreuses associations anti-pub.