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Avant Hillary Clinton, avant même le droit de vote, il y eut Victoria Woodhull

 

Hillary Clinton n’est pas la première femme à se présenter à l’élection présidentielle aux États-Unis. La pionnière était Victoria Woodhull, qui avait annoncé sa candidature en 1870, soit 50 ans avant que le droit de vote ne soit accordé aux femmes aux États-Unis. 

Depuis la nuit dernière, on connaît la représentante du parti démocrate qui briguera le prochain mandat de Président des États-Unis, il s’agit d’Hillary Clinton. Parfois décrite dans les médias comme la première femme à se présenter à cette élection, elle est en fait la première femme à briguer la Maison-Blanche pour un « grand parti » américain. En réalité, dans toute l’histoire, elles ont été environ une trentaine de femmes à se présenter à la présidence américaine. La première d’entre elles s’appelait Victoria Woodhull, qui s’est portée candidate 50 ans avant que le droit de vote ne soit accordé aux femmes aux États-Unis, en 1920.

C’est à l’âge de 34 ans, en 1870, que Victoria Woodhull a annoncé sa candidature au scrutin de 1872 au nom du « Equal Right Mouvement », une organisation qui se battait pour le droit de vote des femmes. Cette pionnière avait une vie d’aventures, pas comme les autres. Voyante et magnétiseuse, elle avait fait fortune de ces activités sur les routes américaines. Ensuite, elle a fondé une société d’agents de changes à Wall Street, ainsi qu’un journal baptisé « Woodhull & Claflin’s Weekly ». Classe ouvrière, cause des femmes et « amour libre » représentaient ses combats. Comme vice-président, Victoria Woodhouse avait désigné l’écrivain abolitionniste Frederick Douglass, ancien esclave évadé et instruit.

C.D. Fredericks & Co.
C.D. Fredericks & Co.

Sa course à la présidence allait prendre une triste tournure lorsque, quelques jours avant l’élection de 1872, elle fut arrêtée par la police de New York pour « obscénité », après avoir publié le récit d’une affaire adultérine impliquant le pasteur Henry Ward Beecher, un important pasteur qui lui-même criait l’immoralité de l’amour libre (seuls les hommes avaient des maîtresses à l’époque) dans ses sermons. Elle était donc en prison pour l’élection présidentielle de 1872, mais restera à jamais comme la première candidate à l’élection présidentielle américaine, et surtout, comme une femme formidable.

Source : smithsonian