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“Lanceur d’Alerte”, un court-métrage haletant pour s’interroger sur le sort réservé à ces activistes

Le collectif Les Parasites vient de sortir un petit film destiné à interroger les consciences sur le sort réservé aux lanceurs d’alertes. Cette fiction, peut-être un peu trop réaliste pour certains, est inspirée de faits d’actualités et remet finalement en cause notre fameuse « démocratie représentative ».


« On vous raconte des histoires ! »
est le slogan du collectif Les Parasites qui est passé maître dans l’art de mettre au point des vidéos de qualité et toujours porteuses de messages. Il est possible de citer Crises d’empathie, L’Emprunt ou encore le très bon Symptômes d’amour. Autoproduits, ces courts-métrages sont soutenus financièrement via Tipeee, une plateforme de financement participatif basée sur le principe du pourboire.

Edward Snowden, Julian Assange… Cela vous dit quelque chose ? Ce sont de célèbres lanceurs d’alertes qui ont une véritable vie de taupe depuis leurs faits d’armes. Le premier, ancien consultant pour la NSA (renseignements américains), avait révélé en 2013 des informations concernant les moyens de cette organisation permettant aux États-Unis d’espionner pratiquement tout le monde sur Terre. Le second, créateur du site Wikileaks, a rendu publique en 2010 la vidéo d’une bavure de l’armée américaine en Irak, ainsi que des dizaines de milliers de documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan et sur la guerre en Irak.

Le collectif Les Parasites s’est donc livré à un exercice osé : produire un court-métrage traitant du sort que l’on réserve aux lanceurs d’alerte. Baptisé logiquement Lanceur d’alerte, ce film de 24 minutes a été inspiré par un mail déclassifié publié par… Wikileaks. Ce dernier portait sur le pétrole situé en Libye et avait été envoyé à Hillary Clinton en 2011 par Sidney Blumenthal, éditorialiste au Washington Post et ancien conseiller spécial du président Bill Clinton.

Il faut savoir que ce film, bien que portant sur des faits réels, reste une fiction. Surtout, le collectif pose une question on ne peut plus pertinente, alors que l’élection de Donald Trump, à la tête des États-Unis, fait grand bruit :

« Comment nous, “citoyens-électeurs”, pouvons-nous élire nos dirigeants sans même connaître les enjeux du monde dans lequel on vit ? »

Il est tout de même intéressant de voir la vie de ces lanceurs d’alerte évoluer après leurs révélations avec les intimidations et les menaces dont ils font l’objet. Rappelons qu’Edward Snowden est sous le coup d’une inculpation du gouvernement américain et qu’il est exilé à Moscou depuis 2013, tandis que Julian Assange est menacé par un mandat d’arrêt international lancé par la Suède. Il vit reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis juin 2012.

Il s’agit également de cerner la difficulté avec laquelle les législations prennent en compte ces lanceurs d’alerte qui ne se limitent pas aux deux exemples les plus célèbres cités plus haut. Par exemple, le Conseil de l’Europe définit comme lanceur d’alerte « toute personne […] qui révèle des informations concernant des menaces ou un préjudice pour l’intérêt général dans le contexte de sa relation de travail, dans le secteur public ou privé. »

Alors comment pourrait-on expliquer le manque de protection envers ces personnes qui agissent réellement pour l’intérêt général ? Quoi qu’il en soit, le court-métrage Lanceur d’Alerte expose donc une situation de fuite d’informations et une volonté d’en faire part à la population, un acte que l’on pourrait considérer comme citoyen.

Retrouvez l’intégralité des courts-métrages du collectif Les Parasites en cliquant ICI.

Voici leur le film Lanceur d’Alerte complet :

Sources : Mr MondialisationMademoizelle.com