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Las Vegas et sa face cachée : des centaines de personnes vivent sous la ville

Quelques centaines de personnes vivent dans les égouts de Las Vegas. L’envers du décor de la « ville du péché » renferme une population de laissés pour compte vivant dans les égouts de la ville, dans l’ignorance la plus totale.

Las Vegas est la plus grande ville de l’état du Nevada avec environ 600 000 personnes (2013), près de 2 millions pour l’aire urbaine. Cette ville est plantée au milieu du désert de Mojave, le plus sec des quatre déserts nord-américains. « Sin City » (la ville du péché en français) est reconnue pour son luxe, ses casinos, ses hôtels (120 000 chambres) ainsi que ses revues et autres spectacles. Elle est également connue pour ses problèmes environnementaux (inondations de la vallée, sécheresse et approvisionnement en eau devenant problématique).

Cependant, Las Vegas est moins connue pour une chose : sa population souterraine. Environ 3 à 400 personnes vivent dans les égouts, ces derniers représentant un réseau de galeries d’une longueur totale de 8000 km : un véritable labyrinthe.

« Parce qu’ici, on ne dérange personne. Tant que les touristes ne nous voient pas, les flics nous laissent tranquilles. »

Relatée par Rue 89, voici l’histoire de Mickaël, homme grisonnant de 52 ans, originaire de l’état de Géorgie. Son père construisait autrefois des casinos et sa mère servait des cocktails. L’interview, les photos, les étrangers présents dans son espace : plus rien n’a d’importance pour lui, ni même les bouteilles d’urine qu’il dit avoir oublié de sortir. Qu’importe finalement, puisque les tunnels sentent déjà le moisi.

L’habitat de Mickaël est composé d’un matelas posé sur des containers en plastique, une table de chevet et une chaise près du lit, tandis qu’une couverture fixée au plafond sert de limite à sa « chambre ». Ses affaires sont simplement posées dans un caddie de supermarché, triées dans des sacs. L’homme reste tout de même organisé malgré la précarité indécente de l’endroit où il vit.

« C’est pas à cause de la drogue que je suis ici, mais parce que je prends de la drogue. »

Des comme lui, il y en a donc des centaines. Les histoires se ressemblent souvent : coups du sort, échecs professionnels et/ou sentimentaux, enfer du jeu, drogue, alcool. Mickaël, lui, est à Las Vegas depuis 20 ans, par intermittence toutefois, car parti à plusieurs reprises, il est toujours revenu ici faire la manche, trier les poubelles, ou encore profiter de quelques piécettes oubliées dans les machines à sous.

Mickaël s’endort chaque nuit avec les insectes qui lui grimpent dessus, mais il estime être tranquille, car selon lui seuls les gens perdus viennent par ici. Avant de trouver le sommeil, il peut lire un gribouillage au plafond : « The time is now – to stop and see – what this world has done to me » (le moment est venu — de m’arrêter voir — ce que le monde m’a fait).

L’écrivain Matthew O’Brien est allé à la rencontre de ces habitants un peu particuliers. Après avoir parcouru pendant 12 ans les souterrains de la ville du péché, il raconte ce qu’il a vu dans un ouvrage baptisé « Sous les néons : vie et mort dans les souterrains de Las Vegas » sorti début 2012 chez Inculte. Voici également « Vivre dans les tunnels de Las Vegas », une video poignante :

Sources : Rue 89Nova Planet