in

L’avortement est désormais un droit humain, voici pourtant la carte des pays l’interdisant

Si l’Organisation des Nations Unies reconnaît l’avortement comme un droit humain depuis le mois de janvier de cette année, en pratique, le recours à l’avortement reste contraignant et parfois même risqué dans certains pays. Etat des lieux en quelques chiffres.

Depuis le 25 janvier 2016, l’avortement est reconnu par les Nations Unies comme un droit humain, mais dans la réalité du quotidien des femmes de nombreux pays, les choses ne sont pas si simples. Par exemple en juin dernier, le Comité des droits de l’homme de l’ONU a rendu une décision sans précédent contre l’Irlande, qui a interdit et sanctionné pénalement l’interruption volontaire de grossesse d’une femme. C’était Amanda Mallet, américano-irlandaise, qui en 2011, avait appris que son fœtus présentait une malformation mortelle. Pour l’ONU, l’État irlandais a violé ses obligations relatives à ces droits en interdisant et sanctionnant pénalement l’avortement.

Si un tel cas est relativement rare en Europe, bien que le Parlement polonais examine actuellement un projet remettant en cause le droit à l’avortement qui avait été accordé, avec des restrictions, en 1993, il n’en est pas de même dans le reste du monde. À ce jour, 68 pays interdisent encore totalement l’avortement (excepté pour sauver la vie de la femme enceinte dans 64 de ces pays), mais cela n’empêche pas pour autant les femmes d’y avoir recours, mais à risque.

Entre 2010 et 2014, c’est une moyenne de 56 millions d’avortements par an qu’a connu le monde, sécurisés ou non. En effet, dans le même temps, on estime à environ 22 millions le nombre des avortements à risque pratiqués dans le monde chaque année, pour la plupart dans les pays en développement. Selon l’OMS, on parle d’avortement à risque lorsque la grossesse est interrompue par des personnes qui n’ont pas les compétences nécessaires ou lorsque l’avortement est pratiqué dans un environnement où les normes médicales minimales ne sont pas appliquées.

En 2008, le nombre des décès dus à des avortements pratiqués dans de mauvaises conditions était estimé à 47 000, et environ 5 millions de femmes sont hospitalisées chaque année à la suite d’avortements à risque dans les pays en développement. Dans les pays développés, on estime que pour 100 000 avortements à risque, 30 femmes meurent. Ce chiffre atteint 220 décès pour 100 000 avortements à risque dans les pays en développement et 520 en Afrique subsaharienne.

Enfin, on estime à environ 225 millions de femmes à travers le monde qui souffrent d’un manque d’accès aux méthodes de contraception modernes, et à 74% d’avortements à risque qui pourraient être évités grâce à l’accès universel à la contraception.

Source : Huffington Post
Source : Huffington Post

Sources : oms, amnesty international