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« Photographier des gens, c’est déjà les violer », la surprenante série photo d’un artiste chinois

Que feriez-vous dans le cas où un photographe sortant de nulle part vous prenait en photo et immortaliserait, par la même occasion, votre réaction forcément négative ? C’est ce qu’a voulu expérimenter l’artiste photographe chinois Jiwei Han.

Jiwei Han a réalisé en 2015 une série de clichés en noir et blanc plutôt surprenante. Intitulée « No », la série a été effectuée dans les rues de Pékin, la capitale chinoise, qu’il a arpentées en choisissant au hasard ses « victimes » afin de leur « sauter dessus ».

« Pas de photos ! »
« Qu’est ce que vous faites ?? »
« Vous n’avez pas le droit !! »
« Vous m’avez fait peur !! »
« Savez-vous respecter les autres ? »
« Vous êtes fou !! »
« NON !! »
« Allez vous faire foutre !! »

Les objections formulées ci-dessus sont celles des passants « agressés » par l’objectif de Jiwei Han, figurant dans une publication apparaissant sur son site officiel. L’intéressé tente également de justifier son projet artistique à Metronews :

« En général, je marche dans les rues avec mon appareil à la main, et si je trouve des personnes intéressantes, je cours ou je saute devant eux et je les prends en photo sans aucun discours ou regard avant, pendant ni après ».

L’artiste indique avoir été déçu du manque de réponses explicatives à sa systématique question, lorsque les passants l’ont chaque fois repoussé : « Pourquoi tant de violence ? » L’attitude du photographe est évidemment désagréable, mais cela semble faire partie du jeu.

« On ne sait jamais si les personnes vont accepter ou refuser d’être photographiées sans demander avant. J’ai choisi une méthode agressive pour prendre les passants en photo, sans demander au préalable. Le but est de mettre en avant le fait que photographier des gens, c’est déjà les violer. »

Jiwei Han continue de travailler sur son projet et note au passage que notre rapport à l’image semble avoir totalement changé. L’artiste tente une explication :

« Si l’on remonte le temps, disons dans les années 1950, les gens se moquaient d’être photographiés dans la rue. Mais maintenant, dans un monde saturé d’images avec les réseaux sociaux, les gens ont commencé à voir le fait d’être pris en photo comme une transgression de leurs droits ».

Ce projet comporte une certaine pointe d’ironie, lorsque l’on voit par exemple à quel point une partie des personnes affectionne les selfies et la multiplication des publications sur les réseaux sociaux sur lesquelles elles sont susceptibles d’apparaitre. Par contre, une question qu’il faudrait peut-être poser à l’artiste : pourquoi avoir seulement pris des clichés de femmes ?

Voici la série de clichés du projet « No », par Jiwei Han :

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Sources : MetronewsL’œil de la photographie

Crédit photos : Jiwei Han site officiel