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Première en Europe, la Slovénie inscrit le droit à l’eau potable non privatisée dans sa constitution !

Il s’agit d’une grande première au sein de l’Union européenne : un état décide de constitutionnaliser le droit à l’eau potable des citoyens. Ce pays, qui n’est autre que la Slovénie, n’est ni le plus important ni celui ayant le plus de poids dans l’Union. Les politiciens y ont décrété que l’eau n’était pas une marchandise.

L’eau potable est le bien le plus important de l’humanité, car vital. Rappelons que sans eau, nous ne ferions pas de vieux os ! Blague à part, certaines entreprises privées ont mis la main sur d’innombrables ressources en eau afin de mettre celle-ci en bouteille, au mépris de l’environnement et de certaines populations qui se retrouvent asséchées, n’ayant que peu de recours sauf celui de la justice, et ce sans aucune certitude d’obtenir gain de cause.

Un article du Monde publié en 2012 faisait d’ailleurs un point sur les dérives de la privatisation de l’eau aux quatre coins du monde. Si les multinationales incriminées les plus connues sont Coca-Cola, PespCo et Danone, une des plus virulentes serait Nestlé. En 2005, ce groupe recherchait une ressource permettant d’assurer la pérennité de l’entreprise et avait alors choisi l’eau potable.

À l’époque, son PDG Peter Brabeck-Letmathe estimait que la question de la privatisation de l’eau pouvait être abordée de deux façons : « L’une est extrémiste, défendue par quelques ONG qui considèrent que l’eau est un bien public. L’eau est une denrée alimentaire comme les autres et doit avoir une valeur marchande. »

La Slovénie s’est donc décidée à consolider sa constitution afin de protéger sa population et ses ressources en eau, une décision plus que symbolique prise le 14 novembre 2016. L’amendement constitutionnel, qui trouve sa source dans le milieu associatif, a été adopté à l’unanimité au parlement. Celui-ci stipule que :

« L’approvisionnement en eau de la population est assuré par l’État via les collectivités locales, directement et de façon non lucrative. Les ressources en eau sont un bien public géré par l’État. Elles sont destinées en premier lieu à assurer l’approvisionnement durable en eau potable de la population, et ne sont à ce titre pas une marchandise. »

L’eau potable est donc désormais non privatisable en Slovénie et incarne un véritable exemple dans l’Union européenne et sur le continent où c’est une première. De plus, l’eau est une des ressources qui sera le plus convoitée à l’avenir. On la surnomme d’ailleurs « or bleu », une appellation lourde de sens. La Slovénie désire donc se prémunir face aux multinationales, car ce petit pays alpin de 2 millions d’habitants dispose de ressources importantes. Le pays déclare que « l’eau slovène est de très bonne qualité et en raison de sa valeur, elle aiguisera certainement les appétits de pays étrangers et de sociétés internationales ».

Selon le Rapport mondial permanent en ligne sur le droit à l’eau (RAMPEDRE), seulement 14 pays comme le Burkina Faso, le Cameroun, le Kenya ou encore la Bolivie avaient déjà inscrit le droit à l’eau dans leur constitution.

Sources : RTBFLe Monde