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“Vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé”, une enseignante adresse une lettre poignante à Emmanuel Macron

Crédits : MatthiasSchild/Pixabay

« Nous sommes en guerre ». Le 16 mars dernier, Emmanuel Macron a fait part des mesures de confinement et s’est exprimé quant à la situation de la France. Un terme qui n’a pas laissé les citoyens indifférents, notamment Annie Ernaux, qui a pris la parole dans une lettre ouverte sur France Inter.

“Vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé”

Annie Ernaux est professeur agrégée de lettres modernes. Dans sa lettre du 30 mars 2020, elle n’a pas seulement posé des mots sur la colère et l’incompréhension de cette crise sanitaire. Elle a aussi contextualisé les événements en affirmant « nous ne sommes pas en guerre ».

« Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier – L’Etat compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. »

En effet, le manque de personnel soignant et d’outils a été plusieurs fois exprimé au président de la République à travers diverses manifestations. Mais cela n’a engendré aucune évolution. Aujourd’hui, les conséquences de ce manque sont lourdes.

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Crédits : Bru-nO/pixabay

Ce sont tous les employés du service public qui souffrent…

« Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle »

Cette lettre a eu l’effet d’une rafale. Lorsque Annie Ernaux sort de son silence, elle a beaucoup de choses à dire. C’est un cri d’alarme et de colère envers Emmanuel Macron pour les prochaines décisions qu’il prendra en ce qui concerne le personnel soignant, et envers toutes ces personnes nous aidant au quotidien. Une chose est sûre, la France après ce confinement n’aura plus le même regard.

« Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps pour désirer un nouveau monde ».