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Elle dénonce courageusement les « chikans », ces frotteurs japonais

Panneaux d’interdiction destiné aux chikans situé dans une station de train à Okinawa, Japon Crédits : Wikimedia Commons

Une jeune Japonaise a décidé de dénoncer, au nom de toute la gent féminine de son pays, les « chikans », ces prédateurs sexuels œuvrant dans les transports en commun.

Le phénomène des chikans (ou tchikans) revient régulièrement dans les médias depuis quelques années maintenant. Il s’agit d’un véritable problème touchant tout le pays et des centaines, voire des milliers, de femmes en sont victimes quotidiennement. Les frotteurs profitent de la foule dans les métros, trains et autres bus pour se coller aux femmes, frotter leur sexe contre elles et se rendre coupables d’attouchements.

En 2014, un illustrateur a produit une bande dessinée faisant la différence entre l’apparence des femmes attirant les prédateurs et les autres, moins attrayantes, qui avait été source de débats houleux au pays du soleil levant. En effet, juger l’apparence d’une femme dans un tel cas reviendrait pour beaucoup de personnes à blâmer la victime plutôt que l’agresseur. En 2015, la police de la préfecture de Saitama avait diffusé un sticker pour smartphone destiné aux femmes, à utiliser d’une manière plutôt ingénieuse contre les frotteurs dans les transports en commun.

Tout récemment, une jeune Japonaise vivant à Paris et qui se fait appeler Kumi Sasaki (nom d’emprunt) a dénoncé ce phénomène dans un ouvrage baptisé Tchikan, en collaboration avec le romancier français Emmanuel Arnaud et dont la préface et le prologue sont disponibles gratuitement (PDF en français/22 pages) aux Éditions Marchaisse.

Chose unique au Japon, une femme raconte ses propres expériences et estime s’exprimer au nom de la gent féminine. Kumi Sasaki a notamment écrit que les chikans « agressent en particulier les collégiennes, symboles d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières », comme l’indique un article du magazine Les Inrocks.

La jeune femme raconte dans son livre les dizaines d’agressions dont elle a été victime, dont la toute première alors que celle-ci n’était âgée que d’une douzaine d’années :

« Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée. »

Kumi Sasak donne des détails comme seule une victime pourrait le faire. L’intéressée raconte par exemple qu’après une énième agression, le coupable avait eu le culot de lui dire merci avant de descendre à son arrêt de train. De plus, Kumi Sasak ne manque pas de rappeler le profil du tchikan type :

« Le profil du tchikan est le cadre, marié avec des enfants, instruit et ayant fait des études universitaires. Il est souvent le père idéal, le mari attentionné, le parfait employé. Dans le train, il se transforme. »

Il faut savoir qu’au Japon, de nombreuses personnes tiennent à garder leur virginité, c’est pour cette raison que « 40 % des Japonais âgés de 18 à 35 ans n’ont jamais eu de rapport sexuel », selon l’Institut japonais de recherche sur la population. Une telle situation entraîne forcément de la frustration et si des mesures commencent à être prises — comme l’existence de wagons réservés aux femmes — les mentalités devraient changer car pour ces femmes victimes d’agression dans les transports en commun, il s’agit tout simplement d’un réel déshonneur.

Sources : Aufeminin.comLes InrocksRocket News 24