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L’échange de graines pour contrer les grands semenciers

Capture d'écran Fondation Léa Nature

Le site Graines de Troc incarne une alternative aux semences standardisées et stériles dans l’agriculture industrielle. Avec ses 5000 membres, cette plateforme connait un certain succès.

Graines de Troc est un site créé en 2012 par Sébastien Wittevert, un ancien banquier reconverti. Il explique pour We Demain les circonstances dans lesquelles il a eu l’idée de monter ce site d’échange de semences :

« Ce fut un long cheminement, mais le jour où j’ai mis les pieds dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), j’ai su qu’il fallait que je fasse quelque chose pour participer moi aussi à la transition écologique indispensable que nous sommes en train de construire. »

Pas moins de 5000 personnes s’échangent environ 3000 variétés de graines. Sébastien Wittevert déclare prendre note de « 600 échanges quotidiens et 13 000 échanges au total », et ce par le biais d’une monnaie virtuelle (jetons).

Graines de troc permet donc l’échange de graines, en partant des plus communes aux plus anciennes, tout en préservant les plus rares et en découvrant parfois quelques inconnues. Le site permet une solidarité à différents étages, comme l’atteste le forum de partage. Ce dernier a pour but de mettre en commun les savoirs liés à l’élaboration d’un potager, aux techniques de semis, à la cuisine, mais également au repérage d’espèces végétales dangereuses ou invasives.

Il s’agit en somme d’une forme de désobéissance citoyenne organisée en réseau solidaire. En effet, il s’agit ici de lutter contre les grands semenciers tels que Monsanto, Syngenta, Pioneer, Bayer, Limagrain ou encore Vilmorin, ces derniers détenant 75 % du marché mondial des semences. Ces firmes multinationales commercialisent principalement des « hybrides F1 », ces graines qui, sans être forcément des OGM, ne permettent pas une réutilisation d’une année sur l’autre, contraignant les agriculteurs à les racheter à chaque fois.

« Aujourd’hui, ce sont les jardiniers amateurs qui conservent la biodiversité et constituent un réservoir pour les agriculteurs », indique Blanche Magarinos-Rey, avocate en droit de l’environnement et de l’urbanisme ayant défendu avec succès en 2014 l’association Kokopelli lors du procès qui l’opposait aux semenciers mondiaux. Kokopelli continue de commercialiser près de 1300 variétés de graines sur son site internet.

Ce genre d’association, tout comme Graine de Troc, sont les garants populaires de la préservation des variétés de semences, en opposition totale aux démarches des grands semenciers qui tiennent en otage les agriculteurs et les consommateurs.

Sources : We DemainFrance InfoLe Monde

– Illustration : Fondation Léa Nature

L’échange de graines pour contrer les grands semenciers
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