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Selfie : Ce cliché qui nous interroge sur nos comportements

Le 21 septembre 2016 à Orlando, la candidate démocrate a organisé une rencontre avec des dizaines de supporters venus l’acclamer, mais surtout, ces derniers ont pris des photos en lui tournant le dos. « Avons-nous atteint le paroxysme du selfie ? », s’interroge le quotidien The Australian.

Une photo lourde de sens a été prise par Barbara Kinney, la photographe officielle d’Hillary Clinton, puis reprise et publiée sur Twitter par Victor Ng, membre de son équipe de campagne. Le cliché, partagé 17.000 fois, montre la candidate debout sur une estrade, saluant une foule en délire qui lui tourne pourtant le dos. Et pour cause, plusieurs dizaines de fans ont pris des selfies avec leurs téléphones portables, et ce à quelques mètres de la candidate, « protégée » par une barrière métallique.

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Cette curieuse situation a émoustillé l’auteur d’un article sur le site Cnet, qui a rédigé une courte lettre destinée aux personnes jouissant d’une image publique :

« Chères personnes célèbres,
Si nous voulons être vus à vos côtés, nous vous tournerons le dos. Ne soyez pas vexées. C’est simplement parce que votre célébrité ne nous suffit plus. Nous devons nous joindre à cette célébrité, afin de poster le cliché qui en ressort sur Twitter, Facebook et Snapchat. Ainsi, nous accédons nous-mêmes à une mininotoriété. Ce qui sera sans doute le maximum de notoriété que nous atteindrons. »

Évidemment, la foule n’a tourné le dos à Hillary Clinton que le temps de prendre les fameux selfies, mais cette pratique inédite à de quoi questionner sur la tournure que peut désormais prendre la communication en politique. André Gunthert, enseignant-chercheur et maître de conférences en histoire visuelle à l’EHESS, pense qu’il s’agit là d’une mise en scène bien contrôlée, que la candidate aurait largement utilisée à son avantage.

« Ce type de rapprochement a pu être jugé incommodant, voire irrespectueux par des personnalités telles que Catherine Deneuve ou par le prince William, qui reste fidèle à une ancienne scénographie du pouvoir, en tant que représentant de la dynastie britannique » explique le chercheur, également auteur de l’ouvrage L’image partagée, la photographie numérique.

Sources : Courrier InternationalLe Figaro